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et colombes
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du pigeonnier
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utilitaire
>Pigeonniers
: histoire, géographie.
>Architecture,
différents types
>En guise de conclusion
Pigeonniers : histoire, géographie
Colombes et colombiers sont présents très
tôt dans l'histoire de l'homme.
A l'époque assyrienne l'on représente
sur des bas reliefs des colombes voletant dans
les cours de la déesse Ishtar.
En Egypte l'élevage des pigeons est une
activité florissante depuis l'antiquité,
jusqu'à nos jours.
En Crète dans le trésor du Cercle
Royal de Mycènes (XVI BC) l'on a trouvé
une représentation sur feuille d'or d'un
colombier sacré.
Dans le palais de Knossos, à l'époque
Minoenne, l'on a trouvé un autel miniature
de la déesse crétoise assimilée
à Aphrodite, portant des colonnes avec
colombes.
En Grèce c'est vers le VI ième siècle
av. JC que le pigeon commence à être
élevé à des fins religieuses
: c'est l'oiseau de Venus.
Dans la Genèse, c'est Noé qui par
trois fois lâche une colombe, qui revint
deux fois, puis ne revint plus.
Le Lévitique prescrit au pêcheur
dépourvu de moyens de remplacer les offrandes
rituelles de veaux et d'agneaux, par deux tourterelles
ou deux pigeonneaux.
De même, l'évangile selon St Luc
rapporte que quand Jésus fut présenté
au Temple de Jérusalem pour la purification
"ils venaient aussi présenter en offrande
le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur :
un couple de tourterelles ou deux petites colombes"
(Luc 2, 6-24).
Le Cantique des Cantiques compare sans cesse la
bien-aimée à la colombe.
C'est sous la forme d'une colombe que l'Esprit-Saint
descendit sur le Christ le jour de son baptême.
A l'époque romaine Pline l'Ancien et Varron
donnent des instructions précises sur l'élevage
des pigeons et l'art de construire des colombiers.
Columelle confirmera et répétera
ces propos, qui seront respectés jusqu'au
XIX ième, siècle époque des
dernières constructions de colombiers utilitaires.
Pline raconte comment l'élevage des pigeons
était devenu une véritable passion
à Rome et comment fleurissaient les tours
pour les abriter sur le toit des maisons.
En Turquie l'on retrouve aussi des pigeonniers
troglodytes dans la célèbre région
de Cappadoce, remontant probablement à
l'époque byzantine.
En France, l'introduction du pigeonnier est sûrement
due aux légions romaines. Dans les provinces
méridionales où l'influence du droit
romain n'avait pas disparu, la possession d'un
colombier subissait moins d'entraves. Dans le
restant du pays, son usage va se répandre
après l'abolition des privilèges
seigneuriaux.
Selon les coutumes féodales, il fallait
être seigneur d'un fief et exploitant d'un
domaine pour avoir droit de colombier, le fermier
devant, lui, subir les dégâts occasionnés
par les pigeons. Les pigeonniers "sur pied"
ou indépendants des autres constructions
étant l'apanage des grands fiefs.
Il semble que l'apparition des édifices
dotés d'un toit remonte au XIV ième
siècle.
La répartition des pigeonniers suit la
répartition de la culture du blé,
selon le "patron" de l'époque.
Les différents styles et la diversité
des formes en font un élément très
particulier du décor des campagnes françaises.
La nuit du 4 août (suppression des privilèges)
est la date qui marque le changement par rapport
à l'époque antérieure, les
plaintes pour dommages aux récoltes provoqués
par les pigeons se répétant dans
les "cahiers de doléances". Ainsi
s'élargit le droit de posséder un
pigeonnier - de même que celui du bétail
à corne et à laine - mais leur taille
diminuera d'autant.
Avec le nouveau code rural en 1791, il est autorisé
de tirer le pigeon durant les périodes
de moisson ; d'animal domestique, il devient ainsi
gibier.
Au XVII ième siècle on estimait
le nombre des colombiers en France à 42
000.
Les pigeons se rendirent aussi célèbres
lors de la commune et du siège de Paris
en 1870, portant les messages des assiégés
au-dessus des lignes allemandes, qui eux essayaient
de les intercepter grâce à des faucons.
En Angleterre l'introduction des pigeonniers
remonte à l'arrivée des Normands
et suit - via la Normandie - une tradition apportée
par les Romains.
Les dispositions régissant le droit de
possession d'un colombier étaient très
semblables à celles de la France de l'Ancien
Régime. La répartition était
aussi la même qu'en France. Ils étaient
donc très répandu sur les terres
à blés comme le Pays de Galles et
l'Essex.
Les plans sont ceux très classiques du
pigeonnier rond avec des murs en pierre épais
de 90 cm.
Ceux de la frontière galloise font exception
avec leurs murs en colombage.
Au milieu du XVII ième siècle on
estimait à 26 000 le nombre des colombiers
d'Angleterre.
Une coutume fabuleuse pour attirer les pigeons
du voisin prend le nom de : "Salt cat".
Il s'agit de placer dans le pigeonnier un chat
en rut, rôti avec du cumin !
En Ecosse où les pigeonniers sont nombreux,
l'on pense que leur forme très proche de
celle du Sud-ouest de la France est due àl'influence
des courtisans français à la cour
de Marie Stuart.
Certains étaient ronds (les beehives),
d'autres rectangulaires (les Lecterns), souvent
divisés en deux. Le plus grand d'entre
eux a 2 000 nids.
Des vieux textes témoignent de l'importance
des vols de pigeons dans ces régions et
des terribles punitions qui y étaient attachées
: amputation de la main droite, fouet, voire la
mort.
Une superstition écossaise veut que construire
un pigeonnier fasse mourir dans l'année
et qu'en détruire un faisait mourir la
femme du propriétaire dans les dix mois.
On raconte l'histoire d'un homme qui détestait
sa femme, construisit et détruisit quatre
colombiers, mais celle-ci restat en vie.
En Allemagne l'on connaît quelques pigeonniers
dans des domaines de riches aristocrates ayant
lu les ouvrages d'Olivier de Serres.
En Iran l'on rencontre de nombreux pigeonniers de
forme ronde et de très grande taille dans
la région d'Ispahan (jusqu'à trois
milles en forme de grosses tours rondes) et de Yazd.
Leur construction remonte à l'époque
de Shah Abbas. La fiente servait entre autre à
fumer les fameux melons d'Ispahan. Par contre en
Iran les pigeons étant considérés
actuellement comme des oiseaux sacrés, personne
ne consomme leur chair. Cette pratique ne semble
toutefois pas toujours avoir eu cours, car au XVII
ième siècle Tavernier raconte que
seuls les musulmans étaient autorisés
à manger ces délicieux pigeons, ce
qui entraînait la conversion de quelques mécréants
pour satisfaire au péché de gourmandise.
Les jeux traditionnels et les paris, utilisant des
pigeons, ont d'ailleurs toujours cours et ce, depuis
l'époque Safavide.
En Egypte, oû encore actuellement le pigeon
(rôti ou farci) constitue le plat national,
l'on trouve de nombreux "pigeonniers châteaux"
dans la région du "Fayoum". Ces
pigeonniers en pisé souvent circulaires,
comportent de nombreuses tours et un aspect extérieur
rappelant étrangement ceux d'Iran.
En Espagne on rattache l'origine des pigeonniers
à l'arrivée des romains. On connaît
aussi quelques pigeonniers ayant subit l'influence
française (pied de mulet) comme celui de
la province de Léon, proche des modèles
de Gascogne et celui près de Pampelune
proche de ceux des fermes de Dordogne.
Comme ailleurs la répartition des pigeonniers
suit celle du blé et ils sont particulièrement
nombreux en Castille.
Dans la province de Zamora, l'on retrouve une
grande concentration de pigeonniers autour des
lagunes de Villafafila. A l'intérieur d'une
même région il y a des formes très
différentes : carré, circulaire,
rectangulaire, avec cour, en fer à cheval
(Aliste et Sanabria), toit en pied de mulet ou
en forme de pagode. Les matériaux sont
aussi très variés : pisé,
pierres, brique pour les plus récents,
tuiles romaines, ardoises...
Un des rares exemples de pigeonniers troglodytes
se trouve dans les différentes falaises
du superbe village de "Alcala del Jucar".
En Espagne le droit de possession d'un pigeonnier
subissait les mêmes règles qu'en
France ou en Angleterre sous l'ancien régime.
La Ley de Proteccion de los Palomares du roi Enrique
IV approuvée en 1465 prévoyait une
amende pour la destruction des pigeons.
Une variante locale de l'alimentation consiste
à donner aux pigeons du thym et du romarin.
Dans le sud, en Andalousie, nous ne connaissons
jusqu'à présent que trois grands
pigeonniers (dont deux dans la province de Cadiz),
probablement construit selon les mêmes techniques,
vus leurs similitudes. Le plus grand des deux
est " El Palomar de la Breña",
un autre se trouve attenant au Cortijo de "Los
Baños de Giconza", et un troisième
se trouve près de "La Redondela"
(Huelva).
"El Palomar de la Breña" fut
construit aux alentour de 1780 par un disciple
espagnol des Physiocrates français. Cette
construction correspond bien aux recommandations
de cette nouvelle théorie agricole et économique
(ref F.Quesnay).
Nouvelle construction, à caractère
novateur.
Investissement important.
Promotion et utilisation des techniques nouvelles
en agriculture, avec l'usage de la fumure grâce
à la colombine (ce qui allait normalement
de pair avec l'abandon de la jachère).
Mise en pratique de ces idées à
un niveau "pré industriel", par
la taille du pigeonnier.
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